Final Fantasy IV DS



Test : Final Fantasy IV DS
Le 30/07/2008 par Farro



Si Final Fantasy III, dans sa version DS, restera un bon jeu, on ne pourra sans doute pas en dire autant de ce quatrième volet/remake assez pauvre. Non pas que le jeu d'origine soit mauvais, loin de là, mais le résultat de la version "3Diffiée" est loin de nous convaincre.


Pourtant, lorsqu'on allume cette jolie cartouche (si, si, le dessin, made in Amano est tout joli), on sent que tout est bon dans le meilleur des mondes. Car dans les faits, Final Fantasy IV est loin d'être un mauvais jeu, ou même un mauvais remake, loin de là. C'est peut être qu'on en attendait plus qu'il nous offre ou...que Final Fantasy III est déjà passé par là. Pour un rendu certes moins aguicheur de mirettes mais au contenu et à l'intéret ludique supérieurs. Depuis quelques temps, on trouve deux écoles et ces clans risquent de s'affronter encore plus à l'avenir. Il y a, en effet, les fans purs et durs de Squaresoft, et les fans des productions Square-Enix. Ce remake va les diviser encore plus.

Comme une pièce de théâtre

Qu'on se le dise, la séquence cinématique est une pure merveille : la compression est excellente, l'animation dépote, la mise en scène est digne de la firme nippone et la musique d'Uematsu finit par achever ce qu'il reste du joueur. En bref, tout commence super bien, mais comme on le sait, les gars de Square Enix sont des spécialistes en la matière et un jeu ne se juge pas à l'unique aspect de ses séquences précalculées, et encore moins de celles en C.G. d'ailleurs, Final Fantasy IV puise sa force dans un thème intemporel, puisqu'il s'agit de l'amour, celui qui vient frapper à la porte à différents moments de la vie pour chaque individu. Celui qui t'émoustille à l'entrée du collège, celui qui te fait penser, un temps durant, que le monde ne tourne pas autour du sexe et de l'argent (nan, ça tu le le découvre plus tard). C'est la bonne période, quoi ! L'histoire de FFIV est une sorte de mièvrerie vidéoludique partant d'un bon sentiment mais qui, au final, ne conviendra certainement pas à tout le monde. Il faut se rappeler qu'en 1991 (date de la sortie du titre sur Super Famicom, le pendant nippon de notre Super Nintendo), les premières formes de la structure narrative n'en étaient qu'à leurs balbutiements, et le scénario de ce jeu était hallucinant pour l'époque. De part la puissance (colossale) des machines de salon, les développeurs et notamment les concepteurs d'histoire se sont laissés aller à de nombreux scripts, mettant en scène une multitude de personnages, et dramatisant alors de plus en plus les storylines, exactement comme dans une pièce de théâtre. Alors oui, aujourd'hui, tout cela peut paraître caduc et même complétement à côté de nos temps modernes, qu'un certain Charlie Chaplin avait pourtant matérialisés de fort belle manière en 1936, la fameuse année où les congés payés sont arrivés en France. Bon, inutile de vous faire un cours d'histoire, là n'est pas la question. Revenons à nos moutons et délectons-nous de la trame de ce Final Fantasy IV.

Les trois coups de bâton

Dans le cadre du jeu de Square Enix, vous faites connaissance avec Cecil, le chevalier noir. Ce dernier est commandant de la flotte de son roi qui dirige la ville de baron. Notre héros aime secrétement Rosa la magicienne blanche, et compte bien obtenir la main de sa belle. Il a pour mission de rapporter à sa majesté les cristaux du monde mais il se rend rapidement compte que baron emploie des méthodes très cruelles, n'hésitant pas à tuer dans le but d'obtenir ces fameux artefacts. Ne pouvant plus se satisfaire d'une telle situation, Cecil demande des explications à son "mentor", qui n'hésite pas à l'exclure de son armée et à lui demander d'effectuer une mission particulière pour se rachetter. Un vent de révolte va alors grandir dans le coeur de Cecil, et ce dernier décide alors de récupérer les cristaux avant son souverain, sentant que quelque chose de terrible pourrait se produire. En chemin, il rencontrera de multiples protagonistes, tels que Rydia (qu'il sauvera des griffes du roi), Kain, Edge, la bien-aimée Rosa ou encore un certain Cid qui rappellera des souvenirs à certains joueurs. Final Fantasy IV est titre bourré de rebondissements, qui développe une trame passionnante, mais encore faut-il accrocher à un rytme assez lancinant.


Les applaudissements de l'assemblée

Visuellement parlant, la comparaison avec Final Fantasy III sera immédiate. Ainsi, le character-design de maître Amano est assez bien respecté et les personnages modélisés ont la classe. La 3D reste globalement rudimentaire toutefois, mais il est agréable de découvrir des scènes cultes du jeu matérialisées dans cette nouvelle dimension. Reste que la fludité est bien présente. Mais là où cette 3D pose problème, c'est dans l'ajout de quelques cut-scenes (utilisant le moteur du jeu donc)complètement foirées. En début de test, je parlais de mièvrerie mais là c'est pire que tout. C'est du grand n'importe quoi avec un protagoniste grandeur nature qui beugle sur l'un de ses compagnons posté deux mètres devant lui. Ca fait super bizzare, et il évident que cette impression sera la même pour un bon nombre de joueurs et joueuses tentant l'aventure. Heureusement que les cut-scenes restent pour la plupart vraiment sympas. Reste une réalisation assez correcte, assez proprette pour une console de cette envergure, avec des environnements variés et un souci du détail bien présent. Tout n'est pas bon pour autant dans Final Fantasy IV, à commencer par un bestiaire moribond, la classe et le style graphique d'Amano étant à ce niveau complètement bafoués, mais là on peut dire que c'est plus la puissance de la console qui bride la conception. Au final, dans le match le confrontant à FF III, cette quatrième mouture de FF "remakée" sur DS s'en sort avec les honneurs mais ne surpasse pas son aînée, si ce n'est que sur le plan de la finesse.

FFIV, a fond la forme...

...ou le même dans le fond et la forme. En effet, on retrouve la linéarité ludique de l'opus original. Les protagonistes que l'on rencontre nous servent des indices permettant d'avancer dans l'aventure, et ainsi de suite. Les joutes sont toujours lancées aléatoirement (comprenez par là que les ennemis ne sont pas visibles) et les combats restent identiques à ce qu'on a connu sur Nintendo DS. D'ailleurs, la carte se dévoile petit à petit. On retrouve notamment le principe de l'ATB system (qui a vu le jour avec ce premier volet de la Super Famicom). Dans Final Fantasy IV, les monstres n'attendent pas avant de vous frapper. Dans le coin haut à droite, la jauge de l'ATB se recharge après chaque chaque action, et vous devez attendre que cette dernière soit rechargée pour remettre la dose. Comparé aux précédents FF, le rytme semble donc un peu plus mou, et c'est à ce niveau que cette version DS pêche. C'est bien simple, les combats sont trop fades et manquent de rytme. Si les moyens modernes ont été utilisés pour revigorer l'oeuvre originale, il n'en demeure pas moins que FF IV reste un RPG à l'ancienne.


L'un des aspects énervants de cette moture DS, c'est sans conteste le manque de vitesse des protagonistes : c'est lent ! Beaucoup trop lent !
Rien que le déplacement dans le château est lourd, alors qu'il s'agit juste d'aller de pièce en pièce pour parler aux PNJ. Comparé à la 2D de la version GBA, il y a quelque chose qui ne passe pas, ce qui est d'autant plus étonnant que FF III ne souffre pas de ce défaut !


Nintendo DS

Outre la 3D, Final Fantasy IV comporte quelques ajouts, mais au final on aurait très bien pu faire sans. En effet, ces ajouts alourdissent le gameplay en apportent quelques étrangetés (comme expliqué avant). Les protagonsites ont ainsi gagné en invocations (notamment Rydia) et les développeurs ont rajoutés quelques mini-jeux pas forcément tous passionnants, mais l'effort est honorable. L'utilisation du stylet est tout de même fortement limitée, si bien qu'on s'étonne de voir ça après FF III. On passera rapidement sur le mode WiFi qui est très lèger, puisque ce dernier consiste à envoyer une créature, que vous avez au préalable entraînée, se fritter à d'autres. Bof bof... il y a bien sûr quelques améliorations au niveau du contenu, avec des techniques supplémentaires à apparendre ou encore la présence de boss optionnels mais les ajouts sont trop faibles pour faire de ce remake un indispensable.


Sponsorisé "bontempt" ?

Est-ce pour combler les ambitions artistiques et graphiques que les développeurs ont dû faire ce choix ? Nul en le saura réellement. Toujours est-il que les musiques (ou plutôt l'ensemble de la bande sonore) sont... très moyennes, voire mauvaise (mon dieu, le thème de la map) ! Pas dans les compositions de Nobuo Uematsu qui restent exceptionnelles et magnifiques, mais dans la gestion du chip sonore de la machine. Par moment, ça sature, c'est bien moins efficace que Final Fantasy III et Final Fantasy XII que je trouve bien plus réussis à ce niveau. Or, et c'est là que le problème se pose, un Final Fantasy se déguste de A à Z avec une ambiance dantesque, une bande-son qui prend aux tripes. Là, on a l'impression d'être en présence d'un navire sans son capitaine. Il manque quelque chose de vital à cette production, et là en l'occurence, c'est la musique, les bruitages, l'ambiance... En l'état, c'est formaté et les fans vont hurler, c'est une certitude. Je ne vais pas tourner autour du pot, mais la musique est bien moins attractive que sur Super Famicom !
Ok, il y a des superbes voix et les acteurs ont pris plaisir à faire vivre les personnages mais rien ne remplacera la bande originale.

Le choix cornélien

Final Fantasy IV sur Nintendo DS n'est pas un mauvais jeu, très loin de là. Il n'en reste pas moins inférieur à la production qu'on attendait, surtout après Final Fantasy III qui s'était illustré par un background intéressant, et des bonnes idées apportant réellement quelque chose au jeu. Ici, on a l'impression de redécouvrir l'aventure du premier opus Super Famicom, mais alourdie par une multitude de détails. Je pense notamment à cette lenteur incroyable, ou à la médiocrité sonore (seules les musqiues les plus calmes s'en sortent pas trop mal). Comparé à Final Fantasy III, il est vrai que le graphisme s'en sort un peu mieux en terme de finesse, mais on appréciait également beaucoup le style coloré et kawaii du précédent remake estampilé "FF". Les ajouts sont limités, et ne servent pas à grand grand-chose. Faire du leveling est intéressant (et il le faudra bien évidemment) lorsque les apports le sont tout autant. En l'occurence ici, il est préférable de faire le leveling obligatoire (permettant d'avancer dans l'aventure quoi) sans se casser la tête à booster ses personnages. Certains le feront et ils auront raison après tout, c'est juste que la "récompense" de ces heures de bataille en sera pas à la hauteur de la patience accordée au jeu de Square Enix.



Il est évident (comme pour FF III en somme)que ce nouveau remake va faire débat. Il y en aura qui craqueront évidemment pour cette aventure, même après avoir fait la version GBA, car la 3D apporte un petit plus non négligeable, d'autant plus que la mise en scène est soignée. Mais il y aura aussi les détracteurs, ceux qui hurleront au crime, celui d'avoir assassiné une bande-son à l'origine extraodinaire et, globalement, un jeu auquel la modernisation n'aura pas fait que du bien.


Bilan :
Final Fantasy IV est une déception, mais pas un mauvais jeu. J'ai longuement hésité sur le note, mais les ajouts de cette version DS sont peu intéressants, et globalement la cartouche reste bien moins agréable que sur Super Famicom/GBA/PSone. Les déplacements sont trop longs et lourdingues, les joutes manquent de pêche, tout ça est mollasson au possible. Quant à la musique, c'est un véritable massacre auquel vos oreilles assisteront.

5/10
>> Images :




 
Infos Jeu

Final Fantasy IV DS



Editeur : Ubisoft
Développeur : Square Enix
Genre : RPG
Nombre de joueurs : 1-1
Sortie Française : 4 septembre 2008
Sortie US : 22 juillet 2008
Sortie Japonaise : 20 décembre 2007
Site officiel

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